Olivier Babeau et Jean-Antoine Nony à Bordeaux
« Nous vivons la révolution technologique la plus rapide et la plus puissante de toute l’histoire de l’humanité »
Bienvenue dans l’ère de l’IA
C’est ainsi qu’Olivier Babeau a ouvert la soirée du Bacchus Business Club de Bordeaux autour d’un thème présent dans toutes les têtes.
Économiste et essayiste, président de l’Institut Sapiens, Olivier Babeau est une voix influente du débat public notamment à l’image de sa chronique économique de la matinale d’Europe 1
La destruction créatrice proposée par l’IA n’est pas nouvelle dans sa forme : toute l’évolution est basée sur cette idée. Par contre, la nouveauté de la situation est dans la rapidité et la profondeur de ces changements.
Les plus impactés sont les plus jeunes, avec un système qui ne leur laisse plus de place dans le monde du travail et qui réduit les efforts d’apprentissages.
Car Olivier Babeau est clair, l’IA provoque un effet ciseau : le niveau de compétences baisse (alors même que vous êtes persuadés de les conserver) pendant que le besoin de compétences augmente exponentiellement.
Et le constat est sans appel : pour la première fois de notre histoire, nos capacités cognitives diminuent.
Ainsi, ce qui sera valorisé sera surtout les soft-skills : indépendance, curiosité, pro-activité, polyvalence…. Tout ce que la machine ne pourra jamais proposer.
« Ce sont des têtes bien faites que nous voulons, pas des têtes bien pleines. Des têtes pleines d’humanité et de curiosité. » En résumé : qui sait à quoi ressemblera le monde dans 10 ans ?
Avec l’avènement de cette société hédoniste : «Un monde difficile de par sa facilité » dit-il, de quoi creuser le sujet à travers son dernier ouvrage “Ne faites plus d’études ! Apprendre autrement à l’ère de l’IA”
Aller plus vite oui, mais toujours accompagné d’un bon nectar.
Dans les verres, Jean-Antoine NONY, associé gérant du Château Grand Mayne, Grand Cru Classé de Saint-Émilion, a partagé sa vision
3ème génération, à la tête de cette propriété de 17 hectares depuis 2012, il rappelle que « le raisin est le fruit d’un lieu ».
Un manoir inscrit aux Monuments Historiques avec une offre œnotouristique variée, une majorité de merlot complétée par un cabernet franc qu’il affectionne particulièrement pour sa résistance, et une approche différente de la vinification : aujourd’hui à Bordeaux, on travaille davantage en infusion qu’en extraction.
Et cela fonctionne : le millésime 2022 a surpris l’audience pour sa qualité de dégustation malgré sa jeunesse.
Entre révolution technologique et permanence du terroir, cette soirée a fait un pont entre d’où l’on vient et où l’on va.


